Groupe de travail pour la recherche empirique en religion (AGER)

Sécularité, athéisme et agnosticisme

Le phénomène des « séculaires » est, autant mondialement qu’en Suisse, l’un des phénomènes les plus spectaculaires des dernières décennies. Ceci se manifeste autant dans le succès des bestsellers critiquant la religion (Dawkins 2006 ; Hitchens 2007), dans les actions publiques des critiques de la religion, dans l’augmentation vertigineuse du nombre de personnes qui se désignent comme étant sans religion ou sans confession, qu’également dans la création de « Nonreligious studies ».
Ce projet de recherche est la première étude qui examine autant quantativement que qualitativement (mixed methods) les « séculaires » dans un échantillon représentatif pour la Suisse. Ce faisant, une attention spéciale est portée à al distinction entre « séculaires » organisés et non organisés.
Le projet traite de la question directrice suivante : comment les « séculaires » construisent-ils leur « identité séculaire », comment ces identités sont-elles influencées par la socialisation, les caractères sociaux, les relations ou organisations sociales et sous quelles conditions les « séculaires » sont-il socialement ou politiquement actifs ?
Par « séculaires » nous désignons des personnes opérationnelles qui se définissent « non religieuses » ou « athées », indépendamment du fait qu’ils s’investissent pour leurs intérêts séculaires ou non. Théoriquement, l’étude n’utilise pas une seule théorie mais fait appel à diverses offres de théorie, suivant le sujet traité. Dans ce sens, les théories de sécularisation, individualisation, identité, socialisation et mobilisation deviennent importantes pour notre thème.
Notre projet se range dans la recherche appelée mixed methods et combine 4 ensembles de donnée séparés. Un premier ensemble de données (« Les séculaires en général, quantitatif ») est formé du sondage, représentatif pour la Suisse, du moniteur des religions 2013 (N = 1003). Dans les interrogés, 341 personnes (34%) peuvent être désignées comme « séculaires », d’après nos critères. Un deuxième ensemble de données (« Les séculaires en général, qualitatif ») est constitué d’un prélèvement partiel des « séculaires » de l’échantillon du moniteur des religions (N = 60) qui ont été interrogés de manière semi standarisée, en face-à-face. Un troisième ensemble de données (« membres d’organisations séculaires, qualitatif ») est formé d’une enquête en ligne parmi des membres de toutes les « organisations séculaires » de Suisse (N = ± 1500). Un quatrième ensemble de données (« membres d’organisations séculaires, qualitatif ») est constitué d’un prélèvement partiel du recensement des membres « d’organisations séculaires » qui ont été interrogés de manière semi standarisée en face-à-face (N = 40).
Les données quantitatives vont être évaluées d’après un procédé de statistiques descriptives et d’inférences. Les interviews en tête-à-tête, s’appuyant sur un guide/mémento, vont être transcrits et évalués d’après l’analyse de leur contenu (Marying 20120). Les données qualitatives et quantitatives vont être triangulés, d’après des procédés décrits dans Kelle (2007) et Stolz (2013).
Nous attendons comme résultats, d’une part, une typologie descriptive des « séculaires », qui peut relever les fréquences représentatives, comme qualitativement les forme de vie et mondes de sens subjectifs et les discours séparés. La recherche apporte une contribution importante dans deux domaines. Premièrement pour la recherche au sein des sciences des religions et des « Nonreligious Studies », dans lesquelles, à notre connaissance, aucune étude mixed methods sur les séculaires, représentative d’un pays entier n’a été menée. Deuxièmement, pour la société suisse qui pourrait avoir affaire, dans un futur prévisible, comme Habermas (2002) le décrit, une tension grandissante entre « séculaires » et personnes hautement religieuses.

 

 

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Contact :

Prof. Dr. Stefan Huber
Faculté de théologie
Länggassstrasse 51
3012 Berne
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